Archives mensuelles : novembre 2010

Allo maman bobo

 

« Plus profondément le chagrin creusera votre être, plus vous pourrez contenir de joie (Khalil Gibran). Qu’il est beau d’être poète !
Est-ce à dire qu’au fond du trou, nous devons nous réjouir de tout le bonheur qui nous attend ? Je ne demande qu’à le croire. De là à mettre cette maxime en œuvre… il y a un pas de géant que je ne me sens pas à même de franchir. Et l’image qui me vient à l’esprit est celle d' »un cratère si profond que de la lune on en verrait le fond, creusé par la main d’un certain Rodriguez, d’un certain Carasco, d’un certain Gumercindo, d’un certain Chilien que l’on appelle Mille » ([Neruda, Chant général].

On peut tenter la méthode Coué qui, si elle ne fait pas de bien, ne fait pas de mal non plus. Et pendant qu’on se répète inlassablement « je vais bien, tout va bien, et tout ira encore mieux demain », on évite de couler à pic. On gagne du temps, en quelque sorte… C’est déjà pas si mal !

Nous ne sommes pas égaux, ni devant la douleur physique, ni devant la souffrance psychique.
Il y a des gens qui traversent les épreuves de la vie avec indifférence – réelle ou feinte -, comme si la douleur passait sur eux sans même les égratigner. Faut-il les envier ? Faut-il les plaindre ? Qu’est leur vie s’ils ne ressentent pas d’émotions ? Un long fleuve tranquille ?
Extase Il y a ceux que la souffrance améliore, qui se révèlent des êtres pleins de bonté, de compréhension à l’égard des autres, devenant des sortes de mère Térésa ou sœur Emmanuelle. Ces gens-là sont rares, ou peut-être n’ai-je pas eu la chance de les rencontrer ? Ils m’auraient expliqué par quel miracle ils ont su transformer leur douleur pour leur donner un sens positif, pour qu’elle serve à autrui. Au lieu de se renfermer sur eux-mêmes, ils s’ouvrent aux autres, les soutenant, guidant leurs pas sur une pente ascendante. La souffrance les enrichit, les élève. On a vu des parents rendre visite en prison à l’assassin de leur fils.

Je ne fais pas partie de ceux-là, ni des indifférents, ni des compassionnels.

Le Cri de Munch Je fais partie des individus que la douleur rend à la fois bêtes et méchants. J’ai enduré peu de souffrances insurmontables au cours de mon existence, ni plus ni moins que tout un chacun : perte des parents, logique du cours de la vie ; maladie, souffrance physique et morale à la fois ; et d’autres souffrances que partage le commun des mortels…
Et puis, il y a celle qui vous submerge, vous détruit, vous cisaille, vous coupe le souffle, celle qui n’a pas de fin, que rien ne peut atténuer.
Avec cette souffrance, arrive l’envie de faire mal, plus mal encore que ce que l’on endure soi-même. Asséner des paroles blessantes est parfois l’échappatoire à un geste irréversible, se venger donne un but à sa vie. Prendre plaisir à faire souffrir non seulement la personne à l’origine de la souffrance, mais les autres, tous les autres qui n’y peuvent mais…

Et après ? Après, il n’y a plus qu’amertume, conscience d’un ratage sur toute la ligne, autocritique qui tire encore un peu plus vers le bas, souffrance accrue, insurmontable.
Spirale infernale, spirale sans fin, sans issue.

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Les Chaussettes noires… à Lens… c’était le pied !

 

Je marche seul le long des rues
Où nous allions tous les deux avant.
A chaque pas, je me souviens
Comme on s’aimait auparavant.
Comment pouvoir t’oublier ?

(Refrain)
Il y a toujours un coin qui me rappelle,
Toujours un coin qui me rappelle.
Je suis né pour t’aimer
Et je serai toujours ainsi.
Tu restes la vie de ma vie.
Wowowo…

Quand l’ombre vient, mon pas m’entraîne
Où l’on allait danser le soir.
Je me revois, là, t’embrassant
Et serrant fort tous mes espoirs.
Comment pouvoir t’oublier ?

(Refrain)

Mais si ton coeur regrette un jour
Ce grand amour que l’on vivait,
Reviens alors à cet endroit
Où l’on allait et j’y serai.
Comment pouvoir t’oublier ?

(Refrain)

Je n’aimerai personne d’autre…
Je n’ t’oublierai pas pour une autre…
Tu restes la vie de ma vie…

Carnaval de Lens

 

 

Voilà quelque temps que je tentais de me souvenir du nom des géants qui, dans ma jeunesse, lors des traditionnelles fêtes lensoises, avec fanfares et défilés, nous lançaient des oranges.

Les trois géants de la cité minière sont nés en 1956. Les deux premiers sont des figures populaires de poètes patoisants locaux : Sophie Bouboutte et son fils, Taradéruze.
Taradéruze portait l’habit du mineur : vêtement bleu, un pic et une lampe.
Dans leurs histoires, chaque fois que le fils parle de mariage, sa mère le met en garde en patois : « T’aras des ruses ! », d’où son nom.
Le quartier de la place Jean-Jaurès possédait un autre mannequin, Rosalie Tata. C’est la tante de Taradéruze ; elle portait un sac en toile contenant une botte de poireaux, et sous l’autre bras, une tête d’oie apparaît. Son nom évoque une brave femme qui, vers 1914 vendait des « gâteaux et miettes ».

A eux vint s’ajouter Ch’gus Tréfil, honorant une autre industrie locale : le tréfilage.

Ces géants ayant disparu vers 1965, il est malheureusement difficile d’en trouver des représentations.

Quelques années plus tard, Ch’meneu, géant du RCL, fit son entrée.

Pour les Lensois et affiliés, un petit quizz sans prétention sur le site : http://www.quizz.biz/quizz-156810.html

Mais surtout allez voir le site du Lensois Normand : http://lelensoisnormand.unblog.fr/ dont la dernière note est consacrée à l’ex-cinéma Apollo. Que de souvenirs !

T’habites à Lens ?

 

La ville de Lens, implantée sur les bords de la Souchez devenue ensuite canal de la Deûle (mon canal s’est perdu !), a subi de lourds dommages lors de deux guerres. L’activité minière a aussi dégradé l’environnement.
Lors de la premmière guerre, elle fut pilonnée par les obus, qui tous n’explosèrent pas.
La présence du mémorial canadien de Vimy nous rappelle les combats d’avril 1917.

Lens 5 005 Lens 5 006

Lens 5 008 Lens 5 009 Monument canadien 3

Lens 5 011 Lens 5 012

A la fin de la guerre, la ville, est en grande partie rasée, envahie de décombres de munitions. La reconstruction commence.
Lors de la seconde guerre, elle subit de nouveaus dégâts matériels, moindres cependant que lors de la Grande Guerre.

Mais aujourd’hui, la ville est belle, oui, elle est belle. Et la nature qui l’environne tout autant.
Les friches industrielles ont été requalifiées, les terrils ensemencés. Même les chevalets sont mis en valeur.

Lens 4 049 Lens 4 045

Les habitations, toutes différentes les unes des autres, constituent un ensemble harmonieux, sans qu’aucun style soit imposé. Les propriétaires les ont reconstruites en se regropant dans une coopérative, l' »Union des propirétaires sinistrés de Lens ». La brique et la tuile sont omniprésentes. Dans le centre de Lens, l’oeil se fixe souvent sur de belles constructions de style hispano-flamand.
De boulevards en avenues, de bâtisses en édifices, j’admire les détails floraux ou géométriques typiques de l’Art déco. « Le style Art déco cherche souvent à montrer de l’extérieur ce que l’on trouve à l’intérieur. »

Mais qu’est-ce que c’est que tout ce laïus ? J’ai simplement envie de vous faire partager mon amour pour ma ville, par le biais de photos, alors le blabla, on s’en fiche !

1962 Avenue RB Jean-Jaurès

Cantin Lens 2 007 LENS 008

Grands bureaux Lens 2 005 Maison syndicale

LENS 005 LENS 015 Coron

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Mais il est temps de reprendre le train dans l’édifice le plus emblématique en matière d’Art déco, la gare de Lens, bâtiment en forme de locomotive.

LENS 012

Sur la place

 

Alors que l’on célèbre le 40° anniversaire de son décès, on peut rappeler que Charles de Gaulle est né à Lille, rue Princesse, le 22 novembre 1890. Je ne vous ferai pas sa biographie, car cela se bornerait bien entendu à un recopiage de tout ce que les historiens ont écrit à son sujet.

Lens 2 014 Voix du Nord Lens 2 016

Lille Grand-place A Lille, la place principale, ou grand’place, est la place du Général-de-Gaulle, nommée ainsi en son honneur le 12 août 1944, jour où il se vit décerner le titre de « Citoyen d’honneur de la ville de Lille ».
Un important marché s’y tenait déjà au Moyen-Âge.
Les Lillois l’appellent parfois place de la Déesse, puisqu’au centre trône la colonne de la Déesse, entourée d’une fontaine. Elle fut dressée en 1842 pour commémorer la résistance de la ville au siège autrichien de 1792.

J’ai vécu plusieurs années dans cette ville, j’y fis mes études supérieures, puis eu mon premier job. C’est là aussi que j’ai appris la vie, avec ses espérances et ses désillusions ; se succédaient de brefs instants d’intense exaltation suivis de beaucoup plus longs moments d’attente vaine. J’attendais le Prince charmant, oui je le confesse, j’étais d’une grande naïveté ! Mais c’était de mon âge, je n’avais pas encore vingt ans… Mais rien ne change…

Ainsi certains jours paraît
Une flamme en nos coeurs
Mais nous ne voulons jamais
Laisser luire sa lueur
Nous nous bouchons les oreilles
Et nous nous voilons les yeux
Nous n’aimons point les réveils
De notre coeur déjà vieux.
Sur la place un chien hurle encore
Car la fille s’en est allée
Et comme le chien hurlant la mort
Pleurent les hommes leurs destinées
//

Blanche Niaise et les Sept Ch’tis…

 

Mon premier Ch’ti est Bosseur, un gros bosseur. Pour être mineur aux siècles derniers, il ne fallait pas ménager sa peine, croyez-moi. Le bassin minier a vécu par et pour le charbon pendant près de trois siècles. Terrils, chevalets, réseaux de transport ponctuaient le paysage.
La gare de Lens, construit sous la forme d’une locomotive, abrite des mosaïques représentant diverses industries.

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Mon deuxième Ch’ti est Bouffeur, il aime la bonne chaire. Travaillant beaucoup, il a besoin de reprendre des forces, ce n’est que justice. Potjevlesch, carbonade flamande, ficelle picarde, moules, frites, faluches, flamiche au maroilles, ch’tiflette… Tout est régal pour ces becs fins, qui jamais ne font la fine bouche devant un plat qui tient au corps !


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Mon troisième Ch’ti est Buveur, un gros buveur. De bière en particulier, qu’elle soit blonde, brune, belge… Une journée sans bière est une journée perdue ! Mais il faut surtout qu’elle soit servie à bonne température, pas trop froide, afin d’offrir la mousse fine qui caresse les lèvres comme une invitation au plaisir qui va suivre lorsque le liquide va descendre dans la gorge après avoir titillé les papilles.
Et on ne refuse pas une bistouille, un petit coup de genièvre dans un café chaud, ça vous requinque en deux temps trois mouvements !

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Bistouille

Bénifontaine

Mon quatrième Ch’ti est Blagueur. Les histoires de Cafougnette ne sont pas d’une finesse extrême, mais elles font partie de la « culture » ch’ti !
La fille de Cafougnette et sa voisine vont souvent retrouver deux galibots derrière le terril. Ce dimanche, elles vont à confesse. La copine se dévoue pour passer la première et en sortant du confessionnal, elle se lave longuement les mains dans le bénitier.
– Pourquoi qu’tas fait cha ? Quo qu’i t’a dit ? demande son amie.
– J’ai dit que j’avos fauté avec em’min, alors i m’a dit de’l’ purifier din ch’bénitier.
– Mon Diu ! Dù que j’vas trouver un verre ? Parc’qu’i va m’obliger à faire des gargarisses !

Fumer Félés Hibou

Saucisson Crêpes

Mon cinquième Ch’ti est parfois Blogueur, j’en connaîs de célèbres dont, par discrétion, je tairai le nom ! Certains, brillants, sont capables de traiter n’importe quel sujet, qu’il s’agisse de politique, fait de société, religion, ou de musique, langue française, cinéma…, avec la même verve et la même impertinence.

Blogueuse

Mon sixième Ch’ti est Baiseur. Oui, il aime le sexe. Il est attiré par toutes les paires de fesses qui se tortillent devant lui, il est attiré par toutes les paires de seins qui se balancent sous ses yeux. Il ne sait pas résister aux appâts féminins. Il cherche frénétiquement le pont G, n’hésitant à redoubler d’efforts…

Sirp Gilbert

2 sucres


Mon septième Ch’ti est Branleur
. Ne me rétorquez pas que c’est antinomique avec le premier point de cette note : comment être Bosseur et Branleur à la fois ? Mais il ne s’agit pas de ne « rien branler », comme certains peuples situés plus au Sud en ont la réputation (aïe aïe aïe, je vais me faire descendre en flèche). Non, vous n’aurez pas une photo de Ch’ti en pleine action de plaisir solitaire (désolée, je n’en ai aucune, sinon, vous pensez bien !)

Hein Biloute !

La Mer d’eau pâle

 

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague

La mer 032 La voici, enfin, au bout du chemin, la mer du Nord, MA mer… Déjà l’odeur iodée pénètre mes narines, je respire à pleins poumons, je m’emplis de cet air si particulier, reconnaissable entre tous, pour qui a eu un jour le bonheur d’approcher ce morceau de paradis. Les autres, ceux qui ne sont pas nés dans le Nord, diront qu’il y fait froid, qu’on ne peut pas se mettre en maillot, qu’on ne peut pas s’y baigner ni bronzer. C’est faux, et puis, quand bien même !

Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues

La mer 026 Il est d’autres plaisirs que le farniente au soleil… comme marcher, pieds nus, au bord de l’eau, ou, mieux encore, se rouler dans le sable des dunes, au milieu des oyats en touffes compactes, qui retiennent le sable, faire couler le sable dans ses doigts, comme un sablier égrène le temps. Ce sable, poudre fine qui ressemble à du sucre glace, est d’une douceur caressante et sensuelle… En été, l’odeur des pavots des sables, pointillant la dune de leur jaune éclatant, chatouille les narines.

Et de vagues rochers que les marées dépassent

La mer 027 Sur l’immensité des plages, se déroulent parfois des cordons de rochers, ponctuant d’acajou cette étendue nacrée , donnant du relief à cette « plate-lande « . Sont-ils placés là pour rompre l’uniformité de cet espace infini, pour rythmer la monotonie de ce petit Sahara ? Ou pour que les enfants s’amusent à sauter de rochers en rochers; à moins que ce ne soit pour que les amoureux s’abritent des regards envieux ?


Et qui ont à jamais le cœur à marée basse

Marée basse C’est marée basse, la mer au loin dessine un fin trait d’argent, séparant un ciel gris bleu d’un sable gris beige. Tout est harmonie, aucune violence dans ce décor. La mer s’est retirée, nos pas sur cette plage gorgée d’eau, s’enfoncent mollement et laissent une trace éphémère. Coquillages, couteaux enterrés émettent une bulle à la surface, comme s’ils souhaitaient se faire repérer et cueillir.
Avec infiniment de brumes à venir

 

Coucher de soleil Brume du matin, chagrin
Brume du midi, souci
Brume du soir, espoir.
La brume obscurcit l’aurore mais bientôt une légère brise se lèvera qui dissipera ces fines gouttelettes d’eau salée . Cette fumée de mer recouvre pudiquement l’alliance de l’eau et de l’air, dissimulant l’alchimie qui se trame entre les éléments.
Et le soir, le soleil couchant illumine de son flamboiement l’occident lointain.
Avec le vent de l’est, écoutez-le tenir
La mer 025 Vent du Nord ou vent du Sud, vent de mer ou vent de terre, le vent soulève le sable, agite l’océan, distille les embruns, fait ployer les oyats, tire les chars à voile.
Inlassablement, brise de mer et brise de terre se succèdent à cadence régulière, au rythme du temps, au rythme des marées.

Le plat pays qui est le mien
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et pour lequel j’éprouve un amour passionné que je ne demande qu’à partager…

 

La Voie du Nord

La voie du Nord est pavée de bonnes intentions et briquée de rouge.

LENS 038 Elle débute son parcours dans un petit village devenu célèbre par un beau dimanche de Pâques, puisqu’il eut l’heur d’accueillir un personnage hors du commun (que par modestie je ne citerai pas), Oignies, dont l’église, construite au XIIe siècle, fut plusieurs fois détruite et reconstruite ; les derniers dégâts que subit l’église St Barthélémy eurent lieu durant la seconde guerre mondiale.

D’églises en églises, la voie du Nord poursuit son tracé dans une architecture de briques rouges, élégamment soulignées de blanc..

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L’église se situe souvent près d’un carreau de fosse, au centre de la cité minière qui regroupe les écoles, des terrils, corons, commerces, services de soins médicaux, salle des fêtes, terrains de jeux…

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La voie du Nord est agrémentée de jardins publics et des pièces d’eau qui oxygènent l’atmosphère laborieuse de ce dur pays de mines.

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Enfin, but du voyage, Lens, où il faut se promener le nez en l’air pour admirer les façades des différents monuments architecturaux mis en œuvre lors de la reconstruction, après que la région eut subi les dommages de la guerre.

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La voie du Nord, c’est un bout de chemin qui mène au Paradis !