Archives mensuelles : janvier 2011

Pluie et vent sur Journée sans Miracle

Je n’aime pas la pluie ; je n’aime pas le vent ; je n’aime pas la pluie mêlée au vent.
Le samedi est jour de marché ; le samedi est jour d’un café et/ou d’une bière sur le cours.
Ce samedi, il pleut, il vente ; pas de marché, pas de café ni de bière au bar.
Ce samedi est sombre, triste, hivernal, froid dans la ville et froid dans le coeur.

Pluie à Aix

Je n’ai rien d’un Angelin Preljocaj qui, à l’automne dernier, présentait un remake de « Dansons sous la pluie » au Grand Théâtre de Provence. Je n’ai envie ni de chanter ni de danser, ni de rire ni même de pleurer… envie de rien, c’est pire.
Bien sûr, il pourrait neiger, il pourrait geler…
Réjouissons-nous, le pire est toujours certain !

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A toi qui veux bien m’entendre

 

Parce qu’il est écrit sur le calendrier à la date du jour : Conversion de Saint Paul
Parce qu’on ne peut pas être tous les jours grivois
Parce que je ne me lasse pas de ce texte

Épitre de Paul aux Corinthiens

1. Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante.

2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien.

3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien.

4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ;

5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ;

6 il n’impute pas le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ;

7 il supporte tout, croit tout, espère tout, endure tout.

8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin

9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ;

10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin.

11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant.

12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu.

13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Orientée au nord (et un peu à l’ouest)

 

Certains disent de moi que je suis parfois à l’ouest ! Ce n’est pas totalement faux. Mais j’ai des circonstances atténuantes.
Si je réside en Provence depuis de nombreuses années, mes racines se trouvent dans un sol qui fut charbonneux, et j’y reste viscéralement attachée. Je suis passée du Nord au Midi, pour chercher la chaleur et surtout la lumière, car les cieux nordistes sont le plus souvent couverts avec parfois des éclaircies pluvieuses.
Inutile de s’étonner qu’après ce premier voyage, je cherche ma voie, visitant les quatre points cardinaux, allant de l’Occident vers l’Orient avec des petits pas de côté quand je ne peux faire autrement. Mais je ne laisse pas pour autant les vents pousser ma barque, laquelle est sans voilure ni mature. Pas plus que je ne suis une girouette orientée par le zéphyr, l’aquilon, l’autan ou le mistral, ni par le noroît ou le suroît, le ponant ou le levant.

Dans la mythologie, nord, sud, est et ouest (nordi, sudi, osten et westen) sont les quatre nains (ils sont partout !) chargés de soutenir les coins du firmament.

Girouette
EST Orient : lumière du lever du soleil ; connaissance.

OUEST Occident : déclin ; espoir du renouveau.

SUD
Midi : ignorance et instincts primaires ; méditation et chaleur humaine.

NORD
Septentrion : inconnu et mystère ; richesse matérielle ; mort.

Pour ne pas compliquer les déplacements, j’occulterai volontairement le nadir et le zénith ! Et le centre, ou millieu, lien entre le Ciel et la Terre !

L’évocation des points cardinaux me ramène invariablement à ce poème qui me donne la chair de poule, me serre la gorge et brouille mon regard. A ce moment-là, oui, je suis à l’ouest !

C’était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Mon travail, mon repos
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l’amour durait pour toujours : j’avais tort.
[W.H. Auden, Funeral blues]


Pisseuse

On ne saurait être ch’ti sans être un peu belge, une fois !
A Bruxelles, il n’y a pas que Manneken Pis. Il y a aussi Jeanneke Pis, sa petite fiancée.

Janneke Pis

Jeanneke Pis une statue en bronze et une fontaine d’environ cinquante centimètres, représentant une petite fille, nue et accroupie, qui urine lorsque la fontaine fonctionne. Commandée en 1985 par Debouvrie, elle est située impasse de la Fidélité, près de la rue des Bouchers (métro : Bourse, ça ne s’invente pas !). Son promoteur, un restaurateur de l’Ilôt Sacré, a voulu rétablir ainsi l’égalité homme/femme.
Cette fontaine fut érigée en l’honneur de la fidélité. Les passants jettent dans la fontaine des pièces de monnaie pour manifester leur amour pour l’être cher et se souhaiter une fidélité réciproque.

Jeanneke Pis 2

Moi qui donnais une dimension philosphico-sprituelle à l’égalité homme/femme, je découvre qu’il ne s’agit dans la réalité que de pouvoir pisser dans la rue ! Quelle déception ; mais quelle joie aussi !

Au début du siècle dernier, les femmes pouvaient pisser dans la rue, debout, jambes écartées, grâce à leur culotte fendue. A vous les femmes, le côté pratique n’échappera pas. A vous les hommes non plus !
Jusqu’au début du XIXe siècle, les femmes ne portaient rien sous leur robe. Au milieu du siècle, avec la mode des crinolines, s’asseoir ou se pencher vers l’avant dévoilait jambes, sexe, fesses, tableau ravissant parfois !

Aujourd’hui, Madame porte la culotte… ou plutôt le string !

1er janvier

 

Je hais cette période de l’année !

Il est de bon ton de réveillonner à la Saint Sylvestre, de faire la fête, d’être de bonne humeur, de se gaver de boustifaille et d’alcools divers et variés. Bonjour les mélanges… et le mal de crâne du lendemain, le teint gris, le cheveu terne, l’oeil cerné… Quel cadeau pour commencer l’année !

Gui

Et on se congratule, et on se lèche le museau, bonne année, bonne santé, oui, bonne santé surtout, car tant qu’on a la santé, hein ! Il est difficile de se souhaiter beaucoup de prospérité – isn’t it mister President ? De l’amour alors, à s’offrir en partage… Il faut être deux, qui le veuillent tous les deux, et tous les deux ensemble ! Ce n’est pas gagné. A minuit, on envoie des sms aux gens qu’on aime, on en attend aussi ; et il en arrive, des chaleureux, des ordinaires, des « pareil », des « moi aussi », et d’autres… qu’on n’attendait plus.
La soirée se passe tant bien que mal, on a évité les serpentins, confettis et autres langues de belle-mère. On a évité les embrassades sous le gui (il suffit de ne pas en acheter !). On va se coucher. Chacun chez soi, c’est mieux…

1er janvier, un samedi – veille de dimanche, cela ne vous aura pas échappé – vous rendez-vous compte ? Deux jours fériés consécutifs, où tout est fermé, où la ville somnole, chacun reste chez soi, à finir les restes de festin et de bouteilles. L’ennui est palpable, collant, pesant aussi lourd que les ans. On ouvre un livre, on lit deux ou trois pages, on le referme, on n’a pas le goût de la lecture. On voudrait être encore en train de festoyer avec des amis. Mais que l’être humain est paradoxal, il rechigne à fêter le Nouvel An, et le lendemain il déplore de ne plus faire la fête ! Voir des copains, parler, ne pas être seul surtout. La solitude, c’est bien les soirs de la semaine, mais en aucun cas les dimanches et les jours fériés. Pourquoi cette différence ? Nous ne sommes pas naïfs au point de croire que de croiser les gens dans la rue est suffisant pour rompre cette solitude ; une solitude, qui plus est, bien souvent désirée, revendiquée. Les bistrots sont fermés, même pas le plaisir d’y boire son petit café, avec ou sans le journal quotidien, avec ou sans ami(e).

2G flou 2

Alors on attend, on regarde l’heure toutes les cinq minutes, on attend des coups de fil, des mails, des sms, pour qu’il se passe un peu quelque chose ; cette journée n’en finit pas, et demain c’est la même !
Hormis que demain, au lieu de Jour de l’An, c’est écrit Epiphanie sur le calendrier. Donc galette, fèves, couronne… et encore des kilos là où il ne faut pas ! Et pourquoi pas aussi Gaspard, Melchior, Balthazar, et Artaban, car l’on sait bien que les Rois Mages, comme les Trois Mousquetaires, étaient quatre !

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D’un autre blog, j’extrais quelques mots sur l’Epiphanie :

… Epiphanie, la manifestation.
Venus d’Orient, trois rois se mirent en route en suivant la lumière de l’étoile qui les guida jusqu’à Bethléem,où venait de naître, dans une étable, l’enfant Jésus. L’Epiphanie commémore l’histoire de ces trois rois mages : Melchior, à la peau blanche, apporte de l’or, symbole royal ; Balthazar, à la peau cuivrée, apporte de la myrrhe, symbole sacerdotal ; Gaspard, à la peau foncée, apporte l’encens, symbole prophétique. Un conte de Noël prétend qu’il y aurait eu un quatrième roi mage, Artaban, qui apportait des pierres précieuses mais qui les donna à des pauvres rencontrés en chemin. N’étant jamais parvenu à Bethléem, on ne parla plus de lui, et il ne fit pas le fier, Artaban !
Ainsi est née la légende de l’Epiphanie, et celle de la couronne des rois, avec sa fève. Sa F’Eve ? Comme celle d’Odilon Redon ? On dirait une blague, n’est-ce pas ? Et pourtant… Eve est la matrice de la vie, elle représente la fécondation. La fève est d’abord une graine, puis elle se développe, devient une plante ; elle commence un cycle, tout comme la naissance de l’enfant divin est un commencement. Elle arrive à maturation, conjuguant les effets de l’eau et du soleil. Séchée, réduite en poudre, elle devient farine et fait le pain. Le pain qui sert à élire les rois. Lors du partage de la couronne, on peut devenir roi si l’on trouve la fève… et ainsi choisir sa reine. Un seul y parviendra ; les autres devront continuer leur recherche. Celui-là trouve son Eve et réintègre son androgynie. Mais le F, me direz-vous ? Il est la clé qui pénètre dans la serrure pour la faire tourner, la clé qui ouvre la boîte de Pandore, et indique que, derrière la porte, se trouve le chemin de la vérité. Je vous souhaite donc la fève !

J’ai conscience de commencer l’année en écrivant n’importe quoi, mais je m’en moque… l’année 2011 sera belle, j’en ai le pressentiment !